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Milieux naturels et paysages

Plus de détails sur les espèces exotiques envahissantes de Guyane

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publié le 30 juillet 2014 (modifié le 24 juillet 2017)

Les espèces exotiques envahissantes (EEE), aussi nommée espèces invasives, sont des espèces animales ou végétales non indigènes (exotiques), introduites sur un territoire par l’Homme (volontairement ou non) et dont la propagation peut potentiellement menacer les écosystèmes et les espèces de ce territoire. Elles peuvent aussi avoir des impacts sanitaires (vecteur de maladies…) ou économiques (ravageur de culture par exemple).

La prévention et la lutte contre les EEE est inscrite dans les objectifs de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020 et constitue un engagement fort du Grenelle de l’Environnement.

Pueraria phaseoloides en grand format (nouvelle fenêtre)
Pueraria phaseoloides

En effet, la Guyane ne disposait jusqu’en 2010 que d’une vision fragmentaire de la problématique des invasions biologiques sur son territoire. Pour pallier cette situation, un diagnostic sur l’invasion biologique et une stratégie régionale de prévention et de lutte ont été réalisés à la demande de la DEAL.

Le diagnostic de 2010 propose une première approche synthétique de la problématique en Guyane et fait un point sur les outils juridiques existants pour le territoire. Ce travail a ainsi mis en évidence un enjeu marqué sur le littoral, faisant l’objet de la plupart des pressions anthropiques, et a permis de proposer des premières listes d’espèces invasives (liste ci-dessus) et potentiellement invasives pour la Guyane. Compte tenu du manque de données sur le sujet, ce premier bilan était perçu comme non révélateur de la réalité des invasions végétales en Guyane, d’où le lancement d’une nouvelle étude en 2012-2013 par la DEAL.

La stratégie de prévention et de lutte s’établit selon 5 axes stratégiques déclinés en propositions d’actions :

  • Sensibilisation, communication et formation
  • Prévention
  • Surveillance et suivi
  • Lutte active
  • Coordination, animation.

L’étude de 2012-2013 portait sur un inventaire et une cartographie des espèces végétales exotiques sur la bande littorale guyanaise. Cette étude a eu pour objectifs :

Cartographie du Niaouli sur le littoral en grand format (nouvelle fenêtre)
Cartographie du Niaouli sur le littoral

d’établir la répartition des espèces végétales invasives et potentiellement invasives (connues) sur la bande littorale de Guyane, et en particulier le long des axes de circulation ;

de profiter de cette étude pour réaliser une détection précoce, c’est-à-dire localiser de nouvelles espèces exotiques ainsi que de nouveaux individus (ou de nouvelles populations) d’espèces invasives déjà connues en Guyane ;

d’obtenir une meilleure connaissance de la répartition de l’ensemble de ces espèces exotiques en Guyane afin entre autres, d’avoir un meilleur aperçu des réalités des invasions biologiques en Guyane et ainsi de mettre à jour les listes d’espèces (travail en cours) et d’aider à la définition de stratégie d’intervention.

Le rapport issu de ce travail est disponible sur le Système d’Information du Développement durable et de l’Environnement (lien direct vers l’étude).

Dans l’attente de l’analyse des résultats de cette étude (10 000 données de localisation pour plus de 200 espèces), une liste provisoire de 11 espèces invasives avérées a été validée par le CSRPN de Guyane en 2012. Ces espèces nécessitent des actions urgentes.

Pour les végétaux, il s’agit :

Le Niaouli en grand format (nouvelle fenêtre)
Le Niaouli

-* Acacia mangium (arbre)

  • Leucaena leucocephala (arbre)
  • Melaleuca quinquenervia, aussi connue sous le nom de Niaouli (arbre)
  • Pueraria phaseoloides, aussi connue sous le nom de Kudzu (liane)
  • Brachiaria umbellata - synonyme : Panicum umbellatum (herbacée)
  • Urochloa maxima - synonyme : Panicum maximum (herbacée)

Pour les animaux :

  • Mus musculus, aussi connue sous le nom de Souris domestique
  • Rattus norvegicus, aussi connue sous le nom de Rat surmulot
  • Rattus rattus, aussi connue sous le nom de Rat noir
  • Parmarion martensi (mollusque, semi-limace)

Pour les fungis (champignons) :

  • Batrachochytrium dendrobatidis, aussi connue sous le nom de Chytridiomycose (mycose se développant sur les amphibiens)

Auxquelles s’ajoutent : le Chien (Canis lupus) et le Chat domestique (Felis silvestris catus), qui sans être invasives à proprement parler, ont un impact important en termes de prédation sur la biodiversité guyanaise.

Comme évoqué ci-dessus, cette liste est incomplète et nécessite d’être améliorée sur la base de l’inventaire et de la cartographie menés en 2013.

Acacia mangium en grand format (nouvelle fenêtre)
Acacia mangium

En parallèle, la DEAL intervient en appui auprès de ses partenaires dans le cadre d’études sur certaines espèces végétales à problème. Ainsi le GEPOG (Groupe d’Étude et de Protection des Oiseaux de Guyane) travaille depuis 2012 sur les méthodes de lutte contre l’Acacia mangium, arbre originaire d’Océanie qui prolifère notamment dans les savanes guyanaises.

La DEAL finance également le projet GUYAFIX qui vise à proposer des alternatives à l’utilisation de l’Acacia mangium en Guyane. Ce projet teste l’utilisation d’un mélange d’espèces indigènes pour la réhabilitation de sites miniers.