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Milieux naturels et paysages

Inauguration du site classé des abattis et de la montagne Cottica

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publié le 21 mars 2013 (modifié le 28 août 2017)

  Premier site classé de Guyane

Abattis Cottica

L’ensemble formé par les abattis et la montagne Cottica, situé en intégralité sur la commune de Papaïchton, a été classé parmi les sites d’intérêt patrimonial par arrêté ministériel le 15 décembre 2011. C’est une grande première sur le territoire guyanais.

Sur une superficie de 16 000 hectares, ce classement consacre au niveau national la valeur de ce grand site d’exception, témoignage du marronage, où la valeur du paysage extraordinaire est très étroitement liée à sa forte identité culturelle et historique pour la communauté Boni. D’un intérêt écologique majeur, le site constitue en effet un lieu de mémoire et de pratiques cérémonielles pour les descendants de Boni.

Véritable atout de valorisation pour la Guyane, ce classement constitue une reconnaissance de l’histoire et garantit la protection du site dans le respect des traditions des peuples marrons.

Une présentation et une inauguration du classement du site des abattis et de la montagne Cottica se tiendra le mercredi 27 mars à 18h sur la place des fêtes de Papaïchton en présence de M. le sous préfet de St Laurent du Maroni, de la DEAL et de M. le Maire de Papaïchton

  Le classement

Le classement des abattis et de la Montagne Cottica, qui avaient déjà été inscrits à l’inventaire des sites et monuments naturels de la Guyane par arrêté ministériel du 19 décembre 2005, garantira une protection renforcée des zones les plus sensibles de ce site exceptionnel, soit la moitié du site inscrit.

Les critères de classement retenus au sens des dispositions relatives à l’inventaire des sites et monuments naturels sont les caractères :

  • pittoresque ;
  • scientifique ;
  • historique ;
  • légendaire.

Ilet Gaan Chton

  Description du site

Le site des abattis et de la montagne Cottica représente une entité unique dans le paysage fluvial guyanais. Le fleuve Maroni, dénommé Lawa dans son cours moyen, s’y décompose en un dédale de méandres dans le chaos rocheux granitique qui entrave son cours. La Montagne Cottica domine de ses 730 mètres d’altitude le Maroni, rompant ainsi l’uniformité de la forêt monumentale guyanaise.
L’articulation entre le relief élevé et la transition depuis le fleuve a généré une composition végétale extrêmement diversifiée et un peuplement forestier remarquable. Il en ressort une succession de paysages et d’ambiances forestières, entrecoupée par les criques (petites rivières) torrentielles, qui s’étage jusqu’à la forêt montagnarde à nuages.
Les dernières prospections ont également permis de mettre en évidence le caractère rarissime du versant est de la montagne, vallon très encaissé d’une exceptionnelle et spectaculaire originalité paysagère.

D’un point de vue scientifique, la diversité Atelopus spumariusécologique du site est réellement hors du commun en Guyane. Les missions d’exploration menées en 2005 et 2007 ont permis de mettre en avant l’originalité patrimoniale du site liée à l’altitude : diversité des milieux écologiques, Pithys albifronspeuplement forestier exceptionnel composé notamment d’arbres dépassant les 60 mètres de haut, présence d’espèces animales et végétales spécifiques, voire inconnues pour la science.

Du point de vue historique, les abattis Cottica restent le symbole de l’implantation durable des Aluku ou Boni, du nom des chefs fondateurs du groupe installé sur cette portion du fleuve Maroni. Ces esclaves, dits Noirs marrons, se sont échappés au XVIIIème siècle des plantations du Suriname et ont livré une lutte d’émancipation contre les colons hollandais dont ils sont sortis victorieux.

Case traditionnelle

Réfugiés sur la rive française du Maroni, ils ont créé une société spécifique issue des métissages entre les diverses cultures et populations africaines déportées.
Les circonstances tragiques de la mort de leur chef, Boni, colportées par la tradition orale, sont à l’origine de la légende selon laquelle, même dans la mort, celui-ci refusa de se rendre.