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Développement durable, énergie et climat

La terre crue : entretien, architecture et urbanisme

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publié le 17 janvier 2017 (modifié le 20 janvier 2017)

ENTRETIEN

Comme dans toute construction, une des règles fondamentales est de maintenir et préserver "des bonnes bottes et un bon chapeau" en les renforçant éventuellement par un bon drain autour de la construction afin d’éviter les remontées capillaires. L’écoulement des gouttières ne doit pas non plus se déverser trop près de la base des murs ou sous les fondations. Ces précautions sont en fait valables quel que soit le matériau utilisé.

Une autre règle fondamentale est de laisser "respirer" les murs. Il faut absolument éviter, face intérieure comme extérieure, de les imperméabiliser par des peintures, vernis, enduits non poreux et autres carrelages. Si besoin, pour parer un mur, appliquer un lait de chaux ou des enduits en terre de couleur qui sont poreux, cf les Règles professionnelles pour les enduits.

En cas de dégradation d’un bloc de terre comprimée, BTC, il faut éviter de boucher le trou, le creux avec du ciment même teinté couleur "terre". Un nouveau BTC pour remplacer un ancien trop endommagé est préférable.

Dans le cas de maisons anciennes, dites "créoles" en Guyane, avec des murs en tressage de gaulette et terre, si un effritement apparaît, le rebouchage avec du ciment est plutôt à proscrire. Essayer de réutiliser le petit morceau de terre tombé en le réhumidifiant constitue une meilleure solution tout comme trouver une "nouvelle" terre similaire.

Au-delà de l’accélération de la dégradation éventuelle liée à l’emploi de ciment imperméabilisant de réparation, c’est la perte des qualités de régulation thermique et hygrométrique qui affectera plus ou moins le mur mal "réparé". Les revêtements imperméabilisant -peintures, enduits ciment…- auront le même effet. Le mur ne pourra plus "respirer".

Restaurer son bâti en terre crue, parc-cotentin-bessin.fr

ARCHITECTURE BIO-CLIMATIQUE ET URBANISME

Utiliser des matériaux à faible impact énergétique est important. Encore faut-il adopter un système constructif, une architecture et un urbanisme optimisant leurs qualités.

. Une démarche bio-climatique à la fois ancienne et contemporaine

La terre crue de construction s’inscrit très bien dans les principes de construction bio-climatique. Se protéger des éléments naturels et en tirer partie guide cette démarche. Un des exemples les plus aboutis est la maison « créole » se protégeant à la fois du soleil tout en bénéficiant des alyzés.

Ces principes avaient d’ailleurs été repris dans une brochure éditée par la CSTB et EDF Guyane en 1982 « Soleil et vent - Conception thermique des bâtiments ».

La DDE soutenait cette démarche et prônait l’utilisation d’éco-matériaux et matériaux bio-sourcés dans un article « L’innovation dans le bâtiment en Guyane française » de la revue Travaux, n°590 de juillet-août 1984 (pages 92 à 94). Une petite brochure avait même été éditée « Construire en Guyane » en 1979.

Une telle approche globale -matériaux, architecture bio-climatique, urbanisme- est défendue par l’association AQUAA en Guyane.

En terme de bio-climatisme, l’ASDER, association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables en présente bien les principes -à adapter aux milieux tropicaux humides…-, asder.asso.fr

. Architecture et réglementation

Récemment mise en œuvre, la RTAA Dom version 2016 va dans la même direction.

Promus par l’ADEME, les labels QEA, qualité environnementale amazonienne (2009 - Guide et Annexes), et EcoDom + (2010 - Guide) complètent cette approche bio-climatique avec leur Guide des matériaux en cours de refonte. Une présentation générale avec mise en contexte avait été faite lors du séminaire éco-matériaux de 2014 par Laurent CASANOVA.

. Urbanisme

L’urbanisme a également un fort impact en privilégiant les circulations d’air et autres éléments naturels/artificiels bénéfiques : orientation des rues, végétalisation et évapotranspiration, ombrage, minimisation des éléments accumulant la chaleur du rayonnement solaire -trop grandes surfaces cimentées ou "bitumées"-, etc.
Peut ainsi être évitée la création d’îlots de chaleur urbain conséquence notamment d’une minéralité trop élevée.


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