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Développement durable, énergie et climat

Les constructions en terre crue en Guyane

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publié le 6 mai 2016 (modifié le 17 janvier 2017)

Peu connue du grand public, la terre crue de construction est pourtant utilisée depuis les années 1980 en Guyane, voire au-delà dans les maisons créoles. Après une petite interruption, son usage est réapparu au début des années 2000.
Les réalisations concernent aussi bien des maisons individuelles que des locaux tertiaires.
Au total, plus d’une cinquantaine d’ouvrages existerait. Sauf exception, ce sont des blocs correspondant à la norme expérimentale XP P13-901 (2001) qui ont été utilisés même au cours des années 1980.

REALISATIONS CONTEMPORAINES - ANNEES 2000-2010

A Cayenne - Rémire-Monjoly - Matoury
Des cabinets d’architecture motivés tout comme certains particuliers et collectivités ont donné à ce matériau un certain essor dans les années 2000-2010 avec près d’une quinzaine de réalisations en Guyane. Les bâtiments concernent aussi bien des maisons individuelles que des locaux tertiaires.

A noter dans cet ensemble, l’inauguration début 2016 de l’IME de Rémire-Montjoly par ACAPA Architecture dont le hall et les unités de vie utilisent ce matériau, présentation archicontemporaine.org.

Quelques constructions ont fait l’objet d’une fiche dans le site de l’association Actions pour une qualité urbaine et architecturale amazonienne, aquaa.fr, comme la maison à La Chaumière de 2000 ou la maison route des plages -Amarante Architecture- de 2002 (photo aquaa.fr).

Le cabinet d’architecture Amarante présente également ses réalisations « terre » dans son site internet : amarante-architecture.fr & amarante-architecture.fr

PREMIERES EXPERIENCES - ANNEES 1980

A Kourou

Après l’expérience de Mayotte, CRATerre est intervenu pour l’édification de deux maisons test en 1982-1984, architectes Arthur CORANDI et Bernard GIRARD. Ces deux constructions ont des murs porteurs en blocs de terre comprimée. Une description leur est consacrée dans l’ouvrage "Blocs de terre comprimée" (pg 102 à 119) H.Guillaud, T.Joffroy, P.Odul, CRATerre-EAG. (photo D.R.)
Puis, en 1985, vingt maisons à ossature en bois, MOB, dont trois identifiées avec des blocs de terre comprimée -BTC- ont été réalisées par l’architecte Jean CHARRET au lotissement Moyoco. L’opération a été renouvelée en 1986-1988 au lotissement Amarante avec deux identifiées remplies en BTC. (photo D.R.)
A la fin de cette même décennie -1988- deux villas plus grandes auraient été édifiées avec une structure en béton et un remplissage en pisé -concepteur P.GEZEQUEL, maître d’oeuvre Gezebulle.
A Cayenne Dans le cadre d’une RHI, réhabilitation d’habitat insalubre, à la digue Leblond - Les Palétuviers, 77 maisons furent construites en 1986-1988, architecte Bernard GIRARD. Cependant, leur entretien, les divers remaniements et destructions amènent à penser que seulement une partie a perduré à cet endroit. Environ 3 000 blocs de terre comprimée, BTC, étaient nécessaires par maison. (dessin B.GIRARD)

HERITAGE HISTORIQUE

La terre crue était en fait déjà utilisée dans certaines maisons « créoles ». La structure de certains murs était faite d’un tressage de gaulette sur laquelle était appliquée une couche de terre crue puis une couche d’enduit plus sableuse avec de la chaux. Ces maisons étaient particulièrement agréables à vivre en raison notamment de leur ventilation naturelle.