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Milieux naturels et paysages

Vers un office de la biodiversité en Guyane

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publié le 28 mars 2014 (modifié le 20 mars 2018)

  Un office de la biodiversité, pourquoi ?

Dans son discours à la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Guyane (CCIG) du 11 février 2008, le Président de la République a souhaité la création d’un « conservatoire écologique ». Cet organisme chargé de « l’inventaire, de la valorisation et de la conservation de la biodiversité » en Guyane, « accélérera l’inventaire exhaustif de la faune et de flore  ». Il doit répondre à une volonté de l’État de faire en sorte que le développement du territoire guyanais bénéficie d’une valorisation de ses ressources naturelles, « dans le respect de la planète ».

Aras rouges / © Biotope en grand format (nouvelle fenêtre)
Aras rouges / © Biotope

Une étude de préfiguration confiée au bureau d’étude EMC2i-Lethier par la DEAL a permis de cerner l’intérêt des acteurs locaux pour ce qui serait en fait un « observatoire du vivant » plus qu’un conservatoire écologique, jouant le rôle de tête de réseau en matière de connaissance de la biodiversité à l’échelle de la Guyane.

En parallèle, la Région a fait réaliser en 2010 une étude de faisabilité pour la création d’un conservatoire botanique national, confiée au MNHN. Une mission de préfiguration de ce conservatoire est ainsi menée depuis début 2012 en concertation avec le réseau des partenaires locaux afin de préciser les objectifs et les modalités de mise en œuvre de cette structure.

Les deux démarches ont été menées conjointement, et conduisent aujourd’hui à la volonté de création d’une seule structure dans le champ de la connaissance et de la valorisation de la biodiversité : l’Office de la Biodiversité Amazonienne de Guyane (OBAG).

Caïman rouge / © Biotope en grand format (nouvelle fenêtre)
Caïman rouge / © Biotope


Celui-ci répondrait ainsi au besoin de disposer d’un outil local permanent d’information sur la biodiversité. Il fait également écho au projet de création d’une agence de la biodiversité, dont l’observatoire pourrait peut-être constituer une antenne locale.

  Les objectifs de l’office

Réunissant ainsi les projets d’observatoire de la biodiversité et de conservatoire botanique national, les objectifs principaux de l’OBAG seraient :

Participer au développement scientifique, culturel et économique du territoire sur les questions de biodiversité végétale et animale, sur leurs composantes (espèces, habitats) et sur les savoirs culturels et traditionnels associés ;

Marquage de chauve-souris / © Biotope en grand format (nouvelle fenêtre)
Marquage de chauve-souris / © Biotope

Recenser, développer et valider les connaissances scientifiques et naturalistes sur la biodiversité végétale et animale, terrestre, aquatique et marine de son territoire ;

Servir de plate-forme collective de rencontre, d’échange, de coordination et de coopération entre les acteurs locaux, sur le sujet des données environnementales associées à la préservation de la biodiversité ;

Développer des indicateurs de suivi, d’état de la ressource et d’alerte sur la biodiversité et ses composantes ;

Développer avec les partenaires des outils d’aide à la décision (expertises, fiches de bonnes pratiques, liste d’experts,..) pour mieux prendre en compte la biodiversité dans les projets d’aménagement, la gestion et l’exploitation des ressources naturelles, les activités économiques et industrielles ;

Sensibiliser aux enjeux de la biodiversité par le biais de moyens de communication adaptés (site internet, expositions, publications, conférences, colloques, etc.) ;

Favoriser le développement de compétences locales en mettant en place des formations adaptées, notamment sur les territoires isolés ;

S’assurer du respect des populations détentrices de connaissance traditionnelle associée à la biodiversité par l’ensemble des acteurs de la Biodiversité. 

  Le statut de l’office

Il était initialement prévu, en accord avec la Région et le Département, de créer cet observatoire sous la forme d’une association loi 1901.

Bécasseaux / © Biotope en grand format (nouvelle fenêtre)
Bécasseaux / © Biotope

Malgré les délibérations favorables de la Région et du Département, le projet de statuts n’a pu être validé.
Il est aujourd’hui envisagé d’attendre la parution de la loi-cadre "Biodiversité", car elle devrait étendre le statut d’Établissement Public de Coopération Culturelle (EPCC) au champ de l’environnement. L’OBAG devrait être créé sous ce nouveau statut, qui permettra une gouvernance partagée entre l’État et les collectivités territoriales.

Comme annoncé en 2008, l’observatoire sera en partie financé par le produit partiel de la redevance minière (0,5 % de la production aurifère affectée au financement de cet observatoire).