Envoyer à un ami  Imprimer la page (ouverture nouvelle fenêtre)  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner rubrique  desabonner rubrique
Eau, fleuves, littoral, police de l’eau
 

Hydromorphologie

L’hydromorphologie est la science qui étudie l’origine et l’évolution des formes des cours d’eau qui résultent de processus dynamiques tels que l’érosion, le transport solide, la sédimentation et le débordement. Le moteur de cette dynamique est l’eau qui érode, transporte les matériaux et modèle les formes des cours d’eau. Les cours d’eau ne sont donc pas des linéaires statiques mais des hydrosystèmes complexes, composés d’unités spatiales interconnectées et interdépendantes : lit mineur, lit majeur, nappe d’accompagnement et annexes hydrauliques (bras morts, forêts alluviales…).

La biologie est conditionnée par la structure du milieu physique. Le rétablissement du fonctionnement morpho-dynamique d’un cours d’eau contribuera à améliorer son état écologique. Cela participera également au rétablissement de la continuité écologique dans les cours d’eau et à l’amélioration du fonctionnement des écosystèmes favorisant la biodiversité.

L’hydromorphologie et la DCE

L’hydromorphologie doit être prise en compte dans l’état des lieux DCE de toutes les masses d’eau de surface en plus de la qualité biologique et la qualité physico chimique des cours d’eau. Elle comprend une évaluation régulière des caractéristiques des sites de surveillance, dans le but de diagnostiquer l’état des milieux, d’identifier les causes d’altération de la biologie et de concevoir des programmes de mesures efficaces pour la préservation ou la restauration du bon état écologique. En outre, pour qu’une masse d’eau soit classée en très bon état écologique, elle doit présenter un bon état hydromorphologique.


crédit DEAL_Rey

Des travaux sont en cours pour développer des outils de caractérisation hydromorphologique des cours d’eau et définir des techniques de réhabilitation hydromorphologique des cours d’eau adaptées à la Guyane.

Quelques outils sont d’ores et déjà disponibles :

  • L’outil CARHYCE (CARactérisation Hydromorphologique des Cours d’Eau) permet la quantification de l’altération des cours d’eau et la définition des opérations de restauration. Cet outil repose sur un protocole de terrain standardisé en cours d’application sur un grand nombre de stations et sur l’ensemble du territoire national, alimentant une base de données riche et sans précédent. Les données collectées et calculées permettent de définir des tendances statistiques à l’échelle nationale ou régionale utilisées pour la construction d’un référentiel hydromorphologique spatial et dynamique. L’ensemble des modèles de référence en cours de définition constituera ainsi un outil de gestion permettant l’évaluation de l’altération d’un cours d’eau. Voir le guide de l’outil CARHYCE
  • L’outil RHUM (Référentiel Hydromorphologique Ultra-Marin) vise à apprécier et à quantifier un risque d’altération physique des cours d’eau, qui est susceptible d’avoir un effet négatif sur les éléments biologiques, et qui pourrait constituer un risque de non atteinte du bon état. Il constitue le socle principal pour l’analyse et l’évaluation harmonisée des gradients de pressions hydromorphologiques et des risques d’altération des cours d’eau d’Outre-Mer qui en découlent. Le système comprend 2 types de données :
    • une composante géographique et cartographique permettant l’évaluation des pressions s’exerçant sur les cours d’eau et réalisée à partir de données disponibles à l’échelle nationale
    • une composante statistique et probabiliste permettant l’évaluation des risques d’altération hydromorphologique à partir des pressions
  • Le ROE (Référentiel des Obstacles à l’Écoulement) constitue la base centralisatrice référençant l’ensemble des obstacles à l’écoulement du territoire.

La problématique des obstacles à l’écoulement :

La problématique des obstacles à l’écoulement concerne de multiples domaines (écologie des milieux aquatiques, développement durable, production d’énergie renouvelable, navigation, ouvrages hydrauliques, sécurité publique,…). Ce sujet intéresse de nombreux acteurs qui ont construit à cet effet des inventaires ou des bases de données à diverses échelles.

D’un point de vue écologique, ces obstacles sont à l’origine de profondes transformations de la morphologie, de l’hydrologie, de la continuité, de la physico-chimie, et consécutivement de la biologie des milieux aquatiques (modification des communautés aquatiques, perturbations des processus écologiques fondamentaux, altérations de la diversité et de la qualité des habitats, eutrophisation, échauffement et évaporation des eaux, entrave à la libre circulation des espèces et des sédiments…).

Face à ces menaces, la DCE, la Loi sur l’Eau (adoptée en 2006), et plus récemment le Grenelle de l’Environnement et le lancement d’un Plan d’Action National pour la Restauration de la continuité écologique des cours d’eau (annoncé le 13 novembre 2009), mettent en avant l’impact des obstacles à l’écoulement et des discontinuités qui engendrent un mauvais état écologique des eaux. La connaissance de ces obstacles est donc indispensable.


crédit DEAL_Rey

Cette exigence environnementale et les nombreux enjeux relatifs aux ouvrages hydrauliques nécessitent aujourd’hui de répertorier l’ensemble des obstacles dans une base de données de référence, avec laquelle les divers acteurs de l’environnement et de l’aménagement du territoire pourront interagir (actualisation et mise à jour des données, import/export des données du référentiel).

L’ensemble de ces ouvrages recensés pourront ainsi être diagnostiqués afin d’évaluer leur impact sur la continuité des cours d’eau.

Pour en savoir plus sur les données ROE